« Aujourd’hui, le stress tue un salarié par jour en France », titrait récemment un quotidien national. Les suicides très médiatisés des employés du techno centre Renault de Guyancourt

[1] ont mis l’accent sur les risques psychosociaux et le stress au travail.

Les 1er et 2 février 2007, un colloque à l’initiative de l’Institut national de recherches et de sécurité (INRS) s’est tenu à Nancy sur le thème : « Le Stress au travail, une réalité. Quelle prévention, quels acteurs et quels outils ? »

Qu’est-ce que le stress au travail ?

L’Agence européenne pour la sécurité et la santé au travail définit le stress au travail comme étant « celui qui survient lorsqu’il y a déséquilibre entre la perception qu’une personne a des contraintes que lui impose l’environnement et la perception qu’elle a de ses propres ressources pour y faire face… »

C’est l’état psychophysiologique de l’organisme en réponse à une contrainte.

Le stress au travail repose sur la capacité d’évaluation de la situation par le salarié. Il évalue l’enjeu de la situation et les ressources dont il dispose pour y faire face. Le stress aigu va résulter de la perception d’un déséquilibre entre ressources et contraintes. Si le déséquilibre persiste, le salarié va entrer dans une phase d’inadaptation au stress. L’augmentation de la charge allo statique va entraîner des conséquences sur sa santé et faire apparaître des risques psychosociaux.

L’épuisement d’un organisme longtemps soumis à une sur stimulation dans la vie professionnelle est à l’origine de graves atteintes à la santé physique et mentale des salariés.

Dans les premiers temps du stress chronique apparaissent des symptômes :

  • physiques : douleurs, troubles du sommeil, essoufflement…
  • émotionnels : crise de larmes, nervosité pour les femmes, agressivité, violence, irritabilité pour les hommes,
  • intellectuels : difficultés de concentration, erreurs, oublis, difficultés à la prise de décision, manque d’initiative…

Les salariés tentent d’y répondre en consommant des calmants ou des excitants : café, tabac, alcool, médicaments, drogue…, en adoptant des comportements déviants et des mécanismes de défense organisationnels.

Si les conditions stressantes de travail persistent, le stress chronique se pérennise et les malaises deviennent des maladies plus graves : troubles musculo-squelettiques (TMS), hypertension, maladies cardio-vasculaires, dépression… jusqu’au suicide.

Depuis l’article L.230-2 du code du Travail, les employeurs ont obligation d’évaluer tous les risques de leur entreprise, y compris les risques psychosociaux. Ils doivent également préserver la santé physique et mentale de leur personnel.

À ces obligations juridiques s’ajoute le coût financier important de l’absentéisme, la perte de productivité et le turn-over découlant du stress et de son impact sur le(s) collaborateur(s).

En recherche d’équilibre entre vie privée et professionnelle, préoccupés par le développement durable, chefs d’entreprise et salariés devraient se retrouver sur les thèmes du bien-être et de la santé au travail.

 

[1] Voir, par exemple, l’article du  10 février 2008 paru sur le site du Nouvel Observateur, « Troisième suicide
 au techno centre de Guyancourt » : « Dans le courrier [laissé à sa femme et son fils], cet homme en passe d’être nommé cadre – une promotion rare précise Le Parisien, explique qu’il ne se sent “pas capable de faire ce travail, que le travail est trop dur à supporter”. » (http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/social/20070220.OBS3370/)