Des changements cérébraux identifiés chez les personnes les plus défavorisées en comparaison des plus riches, c’est une nouvelle preuve de la vulnérabilité cérébrale aux facteurs de stress biologiques associés à la pauvreté et à la privation.

Par Psychosomatic Medicine et Frontiers of Human Neuroscience le 21/11/2013

Des changements cérébraux identifiés chez les personnes les plus défavorisées en comparaison des plus riches, c’est une nouvelle preuve de la vulnérabilité cérébrale aux facteurs de stress biologiques associés à la pauvreté et à la privation, qui nous est apportée par cette étude de l’Université de Glasgow. Des données publiées dans deux revues, Psychosomatic Medicine et Frontiers of Human Neuroscience qui suggèrent aussi que ces processus inflammatoires peuvent mener à des changements structurels visibles l’imagerie cérébrale.

Rappelons cette précédente étude de Princeton, publiée il y a quelques mois dans la revue Science qui associait pauvreté et fonction cognitive, suggérant que l’énergie mentale nécessaire pour faire face à la pauvreté et à toutes ses conséquences non seulement augmente le risque d’erreurs et de mauvaises décisions mais va jusqu’à réduire la matière grise ou « bande passante » disponible pour d’autres tâches cognitives.

Certaines zones du cortex apparaissent réduites : Ici, dans le cadre d’un programme de recherche plus large, la Psychological, Social and Biological Determinants of Ill Health study, les chercheurs de Glasgow ont comparé la morphologie corticale de 42 hommes adultes neurologiquement sains issus des quartiers les moins et les plus défavorisés. Ils montrent, avec une technique d’imagerie cérébrale, l’analyse de réseau complexe, une morphologie corticale réduite en épaisseur et en surface chez les sujets les plus défavorisés : Les régions du cerveau responsables du contrôle de toute une gamme de fonctions comme la langue ou la résolution de problèmes s’avèrent moins volumineuses. Ces observations suggèrent qu’un certain nombre de zones spécialisées du cerveau sont moins efficaces dans le traitement de l’information. Le Dr Rajeev Krishnadas, auteur principal de l’étude voit dans son étude des preuves préliminaires de la relation entre la privation socio-économique et la mauvaise santé cognitive et mentale. Même si l’étude ne permet pas de démontrer la relation de cause à effet.

Rappelons juste le concept de rareté de la précédente étude de Princeton, qui lie la pauvreté au concept plus général de « rareté » c’est-à-dire du manque de tout, un manque qui mobilise une énergie cérébrale considérable au dépens d’autres intérêts de la vie.